LE PROJET AMARTI EN AFGHANISTAN

 

Projet de formation d’intervenants afghans en art-thérapie

Introduction suite à la visite exploratoire réalisée à Kaboul en septembre 2002 :

 

Pourquoi? Comment?

L'état des lieux

 

En plus de 20 ans de guerre, guerres civiles, déplacements et destructions, le peuple Afghan a accumulé nombre de psycho-traumatismes. En septembre 2002, à Kaboul, en dépit de la vivacité de l’ambiance générale et des signes visibles d’une joyeuse reconstruction, nombre de professionnels de la santé et de la santé mentale autant que de personnes du tout-venant nous ont déclaré ou confié, très sincèrement et spontanément, que “chaque Afghan est traumatisé et aurait besoin de psychothérapie".

 

Le Dr Azimi de l’OMS Kaboul (section Santé Mentale,) atteste, tout autant que le pharmacien moyen, qu’une grande proportion d’adultes -hommes et femmes- consomment des quantités importantes et régulières de tranquillisants (un achat prioritaire malgré le bas niveau des revenus). Une part importante du millier de consultations quotidiennes en psychiatrie hospitalière sur Kaboul révèle des origines traumatiques en liaison avec les conflits passés ou récents (constatation du Professeur R. Devillars, pédopsychiatre français consultant à Kaboul, sept 2002).

 

Selon une étude de l’ONG Save the Children (Jo de Berry, Kabul 2002) il peut apparaitre -en comparaison avec d’autres nations - que beaucoup d’enfants Afghans auraient bénéficié d’une importante sécurité psychique, du fait de l’attitude traditionnellement très présente et contenante des parents, renforcée par l’éducation spirituelle et la foi. Cela semblerait les avoir protégés en partie de certains effets sévères des psycho-traumatismes (par exemple l’anxiété chronique ou la dépression)... Néanmoins le Dr Temoor Shah, psychiatre chef de service du Kabul Mental Hospital, affirme que la prise en charge des psycho-traumatismes infantiles est une urgence, et note 10% de cas graves dans une population de plusieurs milliers de patients.

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Les hypothèses et attentes locales fondant le projet Amarti

 

La reconstruction durable et le futur de l’Afghanistan reposent, bien sûr, entre les mains de ses jeunes générations. Reconstruire les êtres humains dans leur intégrité et leur santé mentale est une garantie supplémentaire tant pour la longue vie des nouveaux édifices, routes, ou structures gouvernementales, que pour le développement de l’éducation, de l’évolution des femmes et de la culture -facteurs qui contribueront, on le sait, à créer de meilleures chances de paix interne-.

Les psycho-traumas non traités constituent et constitueront un facteur d’instabilité. Ces troubles psychiques refoulés peuvent apparaitre à l’échelle individuelle sous forme non seulement de dépressions ou d’anxiété chroniques, mais aussi de maladies somatiques, ou encore d’incapacités profondes à projeter et construire un futur, (etc). Les troubles post-traumatiques disimulés peuvent aussi ré-émerger collectivement sous forme de violence, de processus de déstructuration sociale, et de formes nouvelles -ou répétitives- de conflit et/ou de destruction (les exemples brûlants ne manquent pas dans le monde aujourd’hui). Les tranquillisants achetés à la pharmacie ne sont qu’un moyen de mettre sous couvercle les symptomes psycho-traumatiques, ne faisant que faciliter l’ici et maintenant, sans guérir ... Souvenons-nous du mythe de la boite de Pandore et des effets de son ouverture ...

Il semble toutefois que les Afghans ont la brillante intuition de ces difficultés lorsque certains d’entre eux affirment -comme mentionné plus haut- le besoin général de trauma-thérapie. Notre proposition d’introduire l’usage de l’art-thérapie dans ce but produit un intérêt immédiat, vif, et sensible chez les professionnels dela santé, de l’éducation et des arts.

Il est vraisemblable, peut-on ajouter, que dans ce pays historiquement doué par les arts, la perspective d’activités artistiques à caractère soignant éveille des sentiments forts après la traversée de 2 décades de totalitarismes jusqu’à la récente interdiction de toute vie artistique sous le régime taliban ...

 

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Le projet AMARTI de formation d’intervenants afghans en art-thérapie

actualité : suite à des difficultés de réalisation du financement de ce projet, ainsi qu'à des soucis importants de sécurité sur place(*) -compromettant selon nous la possibilité de le réaliser de façon sûre et profitable, tant pour les bénéficiaires que pour les expatriés-, sa continuation a été temporisée courant 2004, et jusqu'à nouvel ordre. En effet la forme et la qualité du travail que nous proposons ne s'accordent pas avec des conditions d'insécurité importante des personnes.

(*)2004. des expatriés occidentaux ont été tués en Afghanistan, et les ONG ont décidé de réduire en conséquence leurs effectifs. L'influence du retour des talibans est attestée.

(Nous avons choisi néanmoins de publier dans ce site des informations sur la teneur de ce projet (principes, objectifs, contexte etc) dont la portée possible reste intacte )